Le Bureau des Possibles s’engage régulièrement au service de missions citoyennes et culturelles. Lors du festival Mission [1]Possible48h pour sauver la planète de Bron (Novembre 2021), nous avons proposé une série d’animations pour les visiteurs où ceux-ci pouvaient s’investir dans des idées locales, concrètes au service de l’environnement.
Les visiteurs étaient accueillis autour d’une série de quatre posters, montrant comment une crise mondiale (énergie, déchets, climat, biodiversité) pouvait être adressée aussi localement par des citoyens avertis et investis. La visite des posters était l’occasion d’échanger avec les visiteurs sur la nécessité et l’opportunité d’un engagement local. Face au dérèglement climatique, il est essentiel de pouvoir montrer à chacun qu’il peut agir à son niveau. Quel meilleur remède contre l’éco-anxiété ?
Alors comment agir ?
Le premier stand de l’animation proposait un reportage photo dans les quartiers avec de nombreuses illustrations de l’impact de l’homme sur l’environnement. Chacun pouvait s’emparer d’une photo, et la relier à des à des idées sur le tableau d’enquête. Au fur et à mesure du WE, le tableau se remplissait de propositions. Les visiteurs reconnaissaient les photos de leur quartier et pouvaient rebondir sur les idées déjà énoncées.
Le poste suivant proposait des outils sur les compétences de chacun dans différents domaines d’engagement. Chaque visiteur pouvait ainsi écrire sa fiche d’identité de détective de l’environnement, ou d’acteur de l’environnement, avec une liste de compétences qu’il s’engageait à mettre en œuvre.
Les enfants avaient aussi la possibilité de réaliser des badges de héros de la planète, stand qui a été pris d’assaut aux heures de pointes. Puissent-ils témoigner avec leur badge auprès de leurs camarades !
Nous avons continué l’engagement au cours de l’année avec un accompagnement scientifique pour réaliser une série de podcasts avec 8 classes de primaire. Déchets, environnement, énergie renouvelables, microbiote, extinction des espèces : la parole des enfants est mixée avec la parole scientifique.
Notre enquête fut à nouveau affichée dans la bibliothèque au mois de juin pour un « retour de mission » avec les travaux des enfants. Ce grand poster vert retrace l’essentiel des propositions citoyennes issues de l’atelier :
Ateliers citoyens, podcasts, interventions en classe, cela peut sembler une goutte d’eau dans l’océan des préoccupations environnementales mais en réalité, c’est essentiel, car il nous faut nous imprégner d’une culture de respect de l’environnement. Aldo Leopold, forestier américain et protecteur de l’environnement (1887-1948), faisait le constat à la fin de sa vie du relatif peu de progrès qu’il avait obtenu en faveur des écosystèmes américains et en tirait cette conclusion :
Aucun changement important dans le comportement humain ne s’est jamais accompli sans qu’intervienne aussi un changement dans nos positions intellectuelles, nos habitudes, nos goûts et nos convictions. Le respect de l’environnement doit s’inscrire dans la culture, il y a beaucoup de chemin à faire tant la culture de consommation est imprégnée en nous. Ce sont aussi ces petits pas culturels qui font le monde de demain.
Les 29 et 30 juin a eu lieu le premier Edumix en ligne, un sprint d’innovation autour de problématiques éducatives. Nous vous proposons un retour sur ce que nous en avons appris.
Mais d’abord, rappelons de quoi il s’agit.
Remixer un lieu, c’est l’habiter de manière collaborative et créative pendant un temps limité et intensif. Une expérience d’invasion massive d’un espace et d’un service public en vue d’explorer de nouvelles manières de les envisager, de les vivre, de les co-produire.
Imaginez un hackathon, deux ou trois jours de travail collaboratif intense par des équipes constituées pour l’occasion, mais dans un contexte particulier et interrogeant les habitudes et fonctions du lieu.
Le premier remix a eu lieu dans un musée en 2011 : c’est devenu l’évènement et communauté Museomix. Des adaptations se sont ensuite développées dans les bibliothèques (Biblioremix), les gares et espaces urbains (Garemix ou Cityremix), les églises (HackMyChurch) ou dans l’éducation avec Edumix.
Depuis 2017, des Edumix se sont déroulés dans des collèges publics et privés et dans des écoles d’ingénieurs.
Cette année, crise sanitaire oblige, nous (Bureau des Possibles + Jean Pouly du cabinet Econum pour le compte du collectif Digitalise) avons adapté le format pour qu’il fonctionne en ligne. Il devait initialement se tenir dans un centre de formation des apprentis de la Région Centre-Val de Loire et était destiné aux CFA et IF2S de la Région. Pour décoder ces deux sigles, il s’agit des établissements qui forment des apprentis (transport, bâtiment, métiers agricoles, artisanat…) et les instituts de formation des métiers de la santé et du social. Le sujet retenu étant les pratiques pédagogiques à distance, il devenait très cohérent de vivre cet événement en situation distanciel puisqu’il s’agissait bien d’habiter de manière créative et collaborative ce « lieu » particulier que sont les espaces et pratiques numériques.
Comment se passe un Remix en ligne ?
Nous avons décidé de réduire le format à 2 jours, car les activités en ligne sont assez intenses et fatigantes avec une alternance de temps de plénière (début et fin de journée) et de travail en équipe de 6 à 7 personnes.
Au préalable, nous avons réparti les 40 participants dans 6 équipes différentes, en tenant compte de leurs préférences exprimées lors de l’inscription, afin de leur attribuer un sujet les intéressant et d’avoir un maximum de diversité dans les équipes. Chaque équipe avait une thématique particulière à travailler (l’apprentissage des décrocheurs, former à la facilitation à distance, partager nos innovations d’usage, accompagner à distance les apprentissages professionnels, évaluer à distance, articuler le distanciel et le présentiel).
Nous avons utilisé Zoom pour sa capacité à créer des sous-salles de travail permettant de « déplacer » les participants entre les temps de plénière et le travail en petite équipe. Nous utilisions aussi Miro comme tableau blanc partagé dans les équipes.
Les équipes suivaient une progression très précise dans leur démarche d’idéation de manière à guider le travail et leur permettre de progresser par étape dans leur projet collectif. Chaque équipe était animée par un facilitateur que nous avions formé auparavant. Nous avions à la fois des formateurs qui se lançaient pour la première fois dans la facilitation d’équipe et des facilitateurs professionnels qui étaient venus nous donner un coup de main et tester le format (spécial dédicace à Pérrine Pauvert, Céline Avenel, Mickael Burow et Céline Mauras).
A la fin du deuxième jour, un forum des projets donnait 30 minutes à chaque équipe pour présenter son projet à des membres des autres équipes et des visiteurs extérieurs. Pour éviter un tunnel trop long de présentations, nous avons ouvert 3 sessions en parallèle et ainsi permis aux 6 projets d’être présentés et discutés en 1 heure.
Prendre en compte les contraintes de la distance
Le travail en équipe était découpé en séquences d’1h15 à 1h30 avec des pauses et des déconnexions régulières avec un livrable à produire ou objectif à chaque séquence. En effet, il est difficile physiquement et cognitivement de travailler plus d’une heure trente en ligne. Il est important de laisser des espaces de déconnexion et d’inviter les participants à en profiter pour faire une activité physique ou se reposer. Certains temps de pause étaient allongés mais prévoyaient en contrepartie un temps de travail personnel qui permettait de démarrer le collectif par une mise en commun. Il a fallu aussi inviter des petits rituels qui se prêtent à la distance.
Le déroulé était très cadré pour la première journée et beaucoup plus libre pour la deuxième : en effet la première journée est là pour créer l’alliance au sein de l’équipe et pour passer les étapes d’idéation jusqu’au choix et la définition des grandes lignes du projet à produire, cela demande d’être guidé pour réussir à prendre des décisions dans un temps limité. La deuxième journée est, quand à elle, un temps de production et chaque équipe avait la possibilité de se fixer un objectif très différent à atteindre et devait être libre d’avoir recours aux outils et à l’organisation de son choix.
Une session en ligne demande une précision minutieuse. En terme d’organisation, c’est de fait moins lourd qu’un remix présentiel avec toutes ses contraintes logistiques fortes : aménagement des espaces de travail et de convivialité, installation d’un fablab et autres outils techniques, gestion des repas et du catering. Par contre, on perd en capacité d’improvisation car le temps est encore plus compté : on ne peut pas se permettre de laisser les participants attendre 5 minutes ou les laisser dans le flou. Cela nécessite donc d’avoir préparé un déroulé très précis, les supports de présentation et les supports numériques à compléter et d’avoir bien testé le format et les outils au préalable.
Le fait de multiplier les outils et passer de l’un à l’autre peut être source de plantage (par exemple, le simple fait de partager son écran via un outil de visioconférence change l’organisation des fenêtres et l’ergonomie de l’outil : on a vite fait de perdre le chat ou sa liste de participant au moment où on commence à partager son écran). On retrouve les problématiques liées à une performance publique : pour l’animateur et les facilitateurs il faut donc s’entraîner pour acquérir des automatismes qui nous laisseront plus de disponibilité cognitive pendant l’évènement.
Le travail de préparation est aussi très important car il convient de bien cibler les problématiques et de cadrer les productions des équipes : une fois que le sprint est lancé, il est trop tard pour revenir en arrière.
Quels livrables pour un remix en ligne ?
Pas de prototypes en carton ou électronique, pas d’espaces ré-aménagé à tester comme dans un remix présentiel : les productions des équipes devaient comprendre des documents numériques (pdf, powerpoint, site interactif, vidéo..) et une présentation complète qui a été filmée. Les thématiques travaillées par les équipes portaient principalement sur des questions de pédagogie en situation distante et l’objectif n’était pas tant d’imaginer et de prototyper une idée très originale que de favoriser l’échange et la capitalisation des bonnes pratiques. Nous étions moins dans la créativité que dans l’identification des innovations déjà portées par les formateurs et les établissements et les stratégies de leur appropriation.
Il est important toutefois de rappeler que les livrables ne sont jamais l’objectif premier de ce type d’évènement, le premier bénéfice est dans l’expérience vécue par les participants qui cherche à être modélisante, la qualité des échanges, les relations qui sont construites.
Nous avions aussi mis en place une média room et Marie assurait le travail d’interview et de documentation de cet évènement. Ce qui nous permet aujourd’hui d’en retrouver toutes les traces. Sans cela, une fois l’évènement terminé et tous les participants retournés à leurs activités habituelles, il serait très difficile de capitaliser sur les productions.
Qu’est-ce qui fonctionne bien dans ce type de format en ligne ?
A l’issue de cette session (et des nombreuses sessions en ligne que nous avons dû animer ces derniers mois), on constate que l’on arrive dans ces situations à une très bonne et un peu étonnante qualité des échanges et une bonne dynamique d’équipe. Les participants intègrent qu’un fonctionnement à distance demande une certaine discipline dans les prises de paroles. Au final, on arrive souvent à des temps plus efficients qu’en présentiel puisqu’on évite certains débats stériles. Quand les équipes ne sont pas trop grandes et bien animées, il se crée une véritable écoute et des relations de confiance apparaissent.
La préparation des livrables et des plénières est aussi facilitée par le fait que les supports numériques sont déjà au coeur des échanges et des productions des équipes. Il est plus facile de les préparer et d’obtenir des réalisations finalisées utilisables ensuite en plénière. (Nous utilisions pour cela des propriétés de Google Drive qui nous permettaient de récupérer automatiquement les productions des équipes au moment de la mise en commun, nous évitant ainsi de courir comme lors des sessions présentielles dans les dernières minutes après des clefs USB et des formats incompatibles).
Enfin, les présentations des équipes étant réalisées dans Zoom, il est très facile d’en faire la captation et d’obtenir des traces avec un son et une image de qualité (sans avoir à faire de réalisation comme on devrait le faire si on devait filmer les présentations lors d’une conférence ou d’un forum en présentiel).
Qu’est-ce qui marche moins bien ?
On ne peut pas gagner sur tous les tableaux, la version en ligne d’un sprint collaboratif a aussi ses limites.
On perd globalement en énergie : on n’a pas le même ressenti d’une énergie collective qui propulse 50 ou 100 personnes à l’issue d’un temps de plénière dans un même lieu.
Le format étant très organisé, les échanges informels sont beaucoup plus difficiles. Il n’y a pas la sérendipidé que permet le déplacement physique dans l’espace et la rencontre d’autres personnes. Pour compenser cela, il faudrait soit introduire des temps plus gratuits et libres qui favorise le hasard et les croisements, soit articuler une session en ligne avec des temps d’échanges en présentiel.
Nous avons pu remarquer qu’il a fallu pour certaines équipes du temps pour s’approprier les outils de brainstorming (comme Miro) et, bien que cela soit formateur et très en lien avec le sujet, cela a pu nuire à la disponibilité pour les échanges.
Quelques points de vigilance
Pour qui voudrait se lancer dans une telle session collaborative en ligne, il ne faut pas sous-estimer l’ingénierie liée à la maîtrise de Zoom. La fonction de création de sous-salles est très utile mais pour pré-affecter des participants, les déplacer au bon moment, cela demande de jongler avec les limites de la plateforme. Nous avions une personne dédiée à cela (merci à Sarah qui a assuré le rôle de ZoomMaster) et ce n’est pas du luxe !
Il était nécessaire pour utiliser ces fonctions que les participants utilisent un compte zoom, ce qui n’a pas été sans poser de problèmes à des personnes qui ont l’habitude d’être invitées à des sessions zoom sans compte.
Enfin la facilitation en ligne demande d’une part des compétences de facilitateur et la connaissance des dynamiques d’intelligence collective et d’autre part la pratique des multiples outils qui seront utilisés pendant la session. Cela demande donc un certain entraînement pour être à l’aise et parer à toutes les situations.
Si cela vous intéresse, nous avons mis en place des offres de formation autour de ces sujets : de la simple conduite de réunions en ligne (qui n’est pas si simple qu’il y paraît) à la facilitation d’évènements collaboratifs.
Par ailleurs, nous pouvons vous accompagner dans la mise en place d’un Edumix présentiel ou à distance.
Et, déjà, nous avons en perspectives quelques nouveaux défis avec des évènements comme celui-ci mais dans d’autres domaines, à une autre échelle et sur plusieurs fuseaux horaires…
Retrouvez les productions de cet Edumix 100% en ligne ici :
les vidéos de présentation des équipes lors du forum final, la plénière finale et l’intervention de JC Cailliet.
Un hackathon de 2 jours où des data scientists, des développeurs, des designers travaillent avec des biblistes pour prototyper de nouvelles manières de découvrir, explorer, valoriser la Bible.
La première édition a eu lieu à Paris au Liberté Living Lab en septembre 2018.
Organisé par l’Alliance Biblique Française, en partenariat avec Hack My Church, ce format collaboratif se décline à présent dans différents pays. Le Kenya a hébergé une édition en février 2019, la France prévoit la V2 pour fin septembre 2019 et le Chili accueillera la première édition en espagnol en octobre 2019.
Le Bureau des Possibles assure la conception du format et accompagne la diffusion internationale de la démarche.
Messidor a développé une méthodologie particulière d’insertion par le travail des personnes en situation de handicap psychique. Labellisée French Impact, cette association déploie une franchise sociale dans différents départements.
Messidor et le Bureau des Possibles sont lauréats de l’appel à projets design social de la caisse nationale de solidarité et d’autonomie. Nous accompagnons l’association dans l’utilisation des méthodologies issues du design pour améliorer le service offert aux travailleurs en situation de handicap psychique.
Après une phase d’immersion dans plusieurs établissements de Messidor, nous avons produit un diagnostic et initié des ateliers de co-design pour rechercher des solutions aux différents problèmes qui sont apparu.
Un projet numérique a été lancé et le Bureau des Possibles a réalisé l’interface d’une application compagnon qui accompagnera le travailleur handicapé tout au long de son parcours d’insertion et au-delà ! Cette application est maintenant en cours de développement et rentrera en test à l’automne 2019.
D’autres actions sont conduites : atelier de design fiction sur l’avenir du travail dans les secteurs couverts par Messidor, intégration de méthodes de travail plus collaboratives, conception de nouveaux formats de réunions ou d’espaces de travail.
Ce projet commencé en janvier 2019 s’étendra jusqu’à l’été 2020.
Le conseil départemental de Guadeloupe a confié au Bureau des Possibles la conception et l’animation des Labs de l’insertion qui ont eu lieu en octobre 2018.
Près de 300 personnes ont travaillé collaborativement en équipe sur 5 lieux du territoire pour inventer de nouveaux dispositifs d’insertion. La journée du 30 octobre a permis de faire émerger 37 projets qui ont ensuite été présenté lors du forum de l’insertion, le lendemain.
La particularité de ce projet était de réunir travailleurs sociaux, agents du département, entreprises, associations, partenaires et bénéficiaires du RSA. Chacun apportait son regard et l’expertise de ce qu’il vit quotidiennement.
Le Département a ensuite intégré ces projets dans son plan d’action pour l’insertion.
Mais au-delà de ces projets eux-même, ces journées furent l’occasion d’initier une communauté d’acteurs engagés pour l’insertion sur ce territoire. Près de 50 agents du Département et de ses partenaires ont été formés quelques semaines auparavant aux méthodes d’animation et d’intelligence collective, afin que de nouvelles pratiques professionnelles se mettent en place durablement.
Pour la réalisation de ce projet, le Bureau des Possibles s’est associé à l’agence MyArtBlooms pour les aspect logistiques et organisationnels et au collectif Bam.